La réglisse : un risque cardiovasculaire à ne pas négliger

Laurence Salmon

23 juin 2025

La réglisse fait l’objet d’une alerte de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentaire, de l’environnement et du travail (ANSES). En effet, son usage répandu dans l’alimentation, les boissons et les compléments alimentaires pour ses propriétés digestives n’est pas sans risque, en particulier lorsqu’elle est consommée de façon régulière et en grande quantité. Elle peut être à l’origine d’hypokaliémie et d’hypertension artérielle augmentant le risque cardiovasculaire.

Le composant en cause est l’acide glycyrrhizique, substance active de la racine de réglisse, ainsi que son sel d’ammonium, tous 2 autorisés comme arômes alimentaires (E958).

Quelles sont les personnes les plus à risque ?

Les populations les plus à risque sont les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que les patients présentant des comorbidités cardiovasculaires (notamment hypertension), rénales ou hépatiques.

L’interaction de la réglisse avec certains traitements (diurétiques hypokaliémiants, laxatifs stimulants, glucocorticoïdes, digitaliques, antihypertenseurs ou médicaments allongeant l’intervalle QT) est également à prendre en compte dans l’évaluation du risque.

Sur quoi repose cette alerte ?

Plus d’une centaine de cas d’effets indésirables, parfois sévères, signalés dans le cadre du dispositif de Nutrivigilance et par les centres antipoison ont été analysés par l’ANSES. Leurs manifestations incluaient principalement des symptômes d’hypokaliémies et d’hypertensions artérielles pouvant exposer à des complications cardiovasculaires. L’ANSES a relevé qu’environ 60 % des adultes et plus de 40 % des enfants consommateurs de réglisse dépassaient la dose de sécurité toxicologique établie lors de l’analyse.

Quelles sont les recommandations de l’ANSES ?

Au vu des données issues de l’évaluation des effets indésirables, l’ANSES recommande plusieurs mesures permettant d’alerter le consommateur sur le risque d’hypertension :

  • un étiquetage systématique des aliments informant de la présence de réglisse même à faible dose (une directive européenne imposait déjà leur identification quand leur concentration excède un seuil particulier dans les aliments et boissons) ;
  • la préconisation de l’éviction du cumul des sources de réglisse dans l’alimentation (boissons, sirops, confiseries, tisanes, compléments alimentaires) ;
  • l’information des personnes à risque (hypertension, insuffisance rénale ou hépatique, hypokaliémie, grossesse, allaitement) ainsi que de celles suivant des traitements exposant à des interactions médicamenteuses, de la nécessité de signaler toute consommation de réglisse à leur professionnel de santé.