Prévention CV : l’acide bempédoïque confirme son efficacité chez les patients intolérants aux statines

Sue Hughes
7 mars 2023
Nouvelle-Orléans, Etats-Unis — La baisse du taux de cholestérol LDL-c obtenue avec l’acide bempédoïque (Nexletol®/ Nilemdo®), un nouvel hypocholestérolémiant oral, est associée à une réduction de 13% des événements cardiovasculaires majeurs (décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral ou revascularisation coronaire) chez les patients intolérants aux statines. C’est ce que révèlent les résultats très attendus de l’essai de phase 3 CLEAR Outcomes.
Ces résultats positifs pour ce nouveau traitement ont été présentés lors du congrès de l’American College of Cardiology (ACC 2023) et publiés simultanément dans le NEJM. Ils avaient déjà été annoncés par le laboratoire en décembre dernier, mais les détails concernant le bénéfice obtenu sur le plan cardiovasculaire, ainsi que sur la tolérance n’avaient pas été divulgués.
L’étude montre que l’acide bempédoïque est bien toléré à la fois en prévention primaire et secondaire chez des patients qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas prendre de statines. Résultats notables : le risque d’infarctus du myocarde a été réduit de 23%, tandis que le taux d’hospitalisation pour revascularisation coronaire est abaissé de 19%.
En association avec l’ézétimibe
L’acide bempédoïque est un inhibiteur de l’ATP-citrate lyase, une enzyme qui intervient dans le métabolisme du cholestérol. Au cours de cette étude, le taux de LDL-c a été abaissé en moyenne de 21%. Si cet effet sur le cholestérol avait déjà été démontré, ce qui a valu au traitement une autorisation de mise sur le marché (AMM), aucune étude d’envergure n’avait encore apporté la preuve d’un impact bénéfique sur le risque cardiovasculaire.
« Ces résultats confirment que le traitement par acide bempédoïque est une approche efficace pour réduire les événements cardiovasculaires majeurs chez les patients intolérants aux statines », a souligné le Dr Steve Nissen (Cleveland Clinic, Cleveland, Etats-Unis), principal auteur de l’étude.
Ces résultats confirment que le traitement par acide bempédoïque est une approche efficace pour réduire les événements cardiovasculaires majeurs chez les patients intolérants aux statines.
Dans cet essai, l’acide bempédoïque a été évalué en monothérapie, mais il serait probablement à utiliser dans la pratique clinique en association avec l’ézétimibe, un inhibiteur de l’absorption intestinale du cholestérol, a indiqué le cardiologue. Il a, en effet, été démontré que cette combinaison est associée à une baisse du LDL-c de 38%.
En Europe, l’acide bempédoïque en monothérapie (Nilemdo®) ou en association fixe à l’ézétimib (Nustendi®) a reçu une AMM en 2020 sur la base des résultats de quatre études pivots qui ont démontré son effet hypocholestérolémiant.
Nustendi® est indiqué chez les adultes atteints d’hypercholestérolémie primaire ou de dyslipidémie mixte traités par statine lorsque le seuil de LDL-c recommandé n’est pas atteint avec la dose maximale de statine en association avec l’ézétimibe ou lorsqu’il y a une intolérance/contre-indication aux statines et que le LDL-c n’est pas suffisamment réduit par l’ézétimibe.
« Je pense que c’est ainsi [en association avec l’ézétimibe] que sera utilisé l’acide bempédoïque. Il est alors possible d’obtenir une baisse de près de 40% du LDL-c, soit un résultat similaire à ce qui peut être observé avec 40 mg de simvastatin ou 20 mg d’atorvastatin, mais sans donner de statine. C’est là que je perçois le potentiel de ce traitement », a commenté le Dr Nissen.
Selon lui, l’intolérance aux statines est « un problème ennuyeux », qui empêche de nombreux patients d’atteindre les niveaux suffisants de cholestérol LDL associés aux bénéfices cardiovasculaires. L’acide bempédoïque étant activé dans le foie et non dans les tissus périphériques, l’incidence des effets indésirables au niveau musculaire apparait faible.
LDL-c abaissé de 29,2 mg/dL
L’essai CLEAR Outcomes a inclus 13 970 patients (48% de femmes) avec des antécédents cardiovasculaires ou à haut risque d’événements cardiovasculaires, ne pouvant pas ou ne voulant pas prendre de statines en raison des effets indésirables associés. Ils ont été randomisés pour prendre de l’acide bempedoïque par voie orale (180 mg/jour) ou un placebo.
A l’inclusion, le taux moyen de LDL-c dans les deux groupes était de 139 g/dL. Après six mois de traitement, les patients sous acide bempedoïque avaient un taux moyen abaissé de 29,2 mg/dL, par rapport au groupe placebo, soit une diminution de 21,1% du LDL-c. Le taux de protéine C-réactive (CRP) était également réduit de 22% avec le traitement hypolipémiant.
Le critère principal d’évaluation est un critère composite combinant décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde, AVC ou hospitalisation pour une revascularisation coronaire. Après une durée médiane de suivi de 40,6 mois, l’incidence de ces événements cardiovasculaires majeurs est de 11,7% contre 13,3% dans le groupe placebo, soit une baisse de 13% (RR=0,87 ; p=0,004).
Avec une baisse de risque absolu de 1,6%, les chercheurs estiment que le traitement de 63 patients par acide bempedoïque pendant 40 mois permet d’éviter un événement cardiovasculaire majeur.
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Vaccination anti-COVID-19 et protection cardiaque : nouvelles données

Carolyn Crist 6 mars 2023

Nouvelle Orléans, Etats-Unis — Un nouveau rapport suggère que la vaccination contre le Covid-19 est associée à une diminution des événements cardiovasculaires indésirables majeurs (MACE) chez les personnes qui ont été infectées par le SARS-CoV-2.

Les patients entièrement vaccinés présentaient un risque de 41 % moins élevé de subir un événement cardiaque que ceux qui n’étaient pas vaccinés. Les personnes partiellement vaccinées présentaient un risque inférieur de 24 %.

« À notre grande surprise, une vaccination, même partielle, était associée à un risque plus faible d’événements cardiovasculaires indésirables », a déclaré la première auteure, Joy Jiang (Icahn School of Medicine, Mount Sinai, New York).

À notre grande surprise, une vaccination, même partielle, était associée à un risque plus faible d’événements cardiovasculaires indésirables.

« Compte tenu de l’ampleur de l’infection par le SARS-CoV-2 dans le monde, nous espérons que nos résultats pourront contribuer à améliorer les taux de vaccination, en particulier chez les personnes souffrant de comorbidités », a-t-elle ajouté.

L’étude a été publiée en ligne dans le Journal of the American College of Cardiology le 20 février et présentée lors du congrès de l’American College of Cardiology (ACC)/Congrès mondial de cardiologie (CMC) 2023.

Une analyse à partir de la vaste cohorte N3C

L’infection par le SARS-CoV-2 augmente le risque de MACE et de complications cardiovasculaires à long terme après guérison, ont rappelé les auteurs de l’étude. Cependant, des questions subsistent quant à la protection conférée par la vaccination contre le Covid-19.

Pour y voir plus clair, Joy Jiang et ses collègues ont analysé les données de la National COVID Cohort Collaborative (N3C), incluant les patients âgés de 18 à 90 ans ayant été infectés par le SARS-CoV-2 entre le 1er mars 2020 et le 1er février 2022. À partir du premier jour de l’infection initiale, la durée du suivi était de 180 jours.

L’équipe de recherche s’est uniquement intéressée aux vaccinations ARNm par le Comirnaty® de Pfizer-BioNTech et le Spikevax® Moderna, et au vaccin vecteur de Johnson et Johnson. Les patients ont été considérés comme entièrement vaccinés s’ils avaient reçu au moins deux doses d’ARNm ou une dose de Johnson et Johnson 14 jours ou plus avant l’infection.

Une vaccination partielle équivalait à une dose de vaccin ARNm ou une deuxième dose de vaccin ARNm ou une seule dose de Johnson et Johnson dans les 14 jours précédant l’infection.

Parmi plus de 1,9 million de patients, l’âge moyen était de 45 ans et 55,9 % étaient des femmes. Environ 81,3 % des patients étaient blancs.

Au total, 195 136 patients (10,1 %) ont été complètement vaccinés et 22 707 patients (1,2 %) ont été partiellement vaccinés. Les 1,7 million de personnes restantes (88,7 %) n’ont pas été vaccinées.

Des événements cardiovasculaires indésirables majeurs ont été observés chez 13 948 patients (0,7 %), dont 12 733 cas chez les patients non vaccinés (0,7 %), 160 chez les patients partiellement vaccinés (0,7 %) et 1055 chez les patients entièrement vaccinés (0,5 %).

Le délai médian des décès après l’infection était de 17 jours, et le délai médian entre la dernière vaccination et le décès était de 212 jours. Au total, 3175 patients sont décédés après un MACE.

De l’importance des comorbidités et de l’âge

En général, les patients ayant subi un MACE présentaient des différences significatives en termes de comorbidités par rapport à ceux qui n’avaient pas subi d’événement. Par exemple, environ 29,1 % des patients ayant été victimes d’un MACE avaient déjà eu un antécédent de MACE (vs 0,9%).

En outre, parmi les patients victimes de MACE versus à ceux sans MACE, 33,9% avaient un diabète de type 2 (contre 7,5%), 50,7% avaient une hyperlipidémie (contre 14,4%), 40,6% avaient une cardiopathie ischémique (contre 3,9%), 4% avaient une maladie du foie (contre 0,8%) et 29,4% étaient obèses (contre 16,4%).

Le risque de MACE augmentait significativement après l’infection chez les hommes, les personnes âgées de 66 ans ou plus et celles présentant des comorbidités, en particulier des antécédents de MACE.

Un effet protecteur de la vaccination

Cependant, la vaccination complète et la vaccination partielle ont toutes deux été associées à une réduction du risque de MACE. La vaccination complète a été associée à une réduction de 41 % du risque de MACE dans les six mois suivant l’infection par rapport à l’absence de vaccination (rapport de risque ajusté [RR], 0,59 ; intervalle de confiance [IC] à 95 %, 0,55 – 0,63), et la vaccination partielle a été associée à une réduction de 24 % du risque de MACE par rapport à l’absence de vaccination (RR ajusté, 0,76 ; IC à 95 %, 0,65 – 0,89).

« Nous avons cherché à clarifier l’impact de la vaccination sur les événements cardiovasculaires chez les personnes ont développé un Covid-19 et nous avons constaté que, en particulier chez les personnes présentant des comorbidités telles qu’un antécédent de MACE, un diabète de type 2, un taux de cholestérol élevé, une maladie du foie ou une obésité, il existe une association avec un risque plus faible de complications CV », a déclaré l’auteur principal le Pr Girish Nadkarni (Icahn School of Medicine,Mount Sinai, Etats-Unis).

« Bien que nous ne puissions pas établir de lien de causalité, ces données confirment que la vaccination peut avoir des effets bénéfiques sur diverses complications post-Covid-19 », a-t-il ajouté.

Ces données confirment que la vaccination peut avoir des effets bénéfiques sur diverses complications post-Covid-19.

Prochaines étapes

Des études supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les mécanismes impliqués, écrivent les auteurs de l’étude, ainsi que la manière dont les nouveaux variants et les réinfections impactent le risque de MACE.

« Les preuves s’accumulent qui indiquent que l’infection par le SARS-CoV-2 augmente le risque de problèmes cardiaques, et il existe des preuves que la vaccination réduit ce risque », a déclaré le Dr Ziyad Al-Aly (Veterans Affairs St. Louis Health Care System, clinique à l’Université Washington), qui n’a pas participé à cette étude.

« Il y a tellement d’hésitation à se faire vacciner et de désinformation que ces données viennent s’ajouter à la base de données indiquant que les vaccins réduisent réellement le risque de problèmes cardiaques majeurs », a-t-il déclaré. « Ils montrent un degré de protection graduel – on obtient une certaine protection avec une vaccination partielle – mais l’effet protecteur le plus optimal avec une vaccination complète. »

Apparition de cas de myocardite associés à la mpox (Variole du Singe)

Rédaction Univadis

29 décembre 2022

France — L’infection par la mpox (anciennement dénommée « variole du singe ») pourrait être associée à des cas de myocardite aiguë chez certains patients et doit donner lieu à des examens plus approfondis. Comme le nombre de patients et les rapports de cas sont peu nombreux, des recherches supplémentaires sont nécessaires.

Pourquoi est-ce important ?

Il est important d’inclure la mpox dans le diagnostic différentiel de la myocardite, en particulier chez les patients à risque (par exemple, les hommes ayant des relations sexuelles avec plusieurs partenaires masculins) présentant une douleur thoracique.

Méthodologie

  • Une série de cas descriptive a mis en évidence une myocardite attribuable à la mpox chez trois patients infectés par mpox en France.
  • Financement : aucun financement n’a été communiqué.

Principaux résultats

Trois hommes adultes présentant des lésions de mpox confirmées par test PCR ont développé une douleur thoracique aiguë, des palpitations et de la fièvre deux à cinq jours après avoir fait l’expérience d’une mpox symptomatique.

Des anomalies à l’échocardiogramme (ECG) et à l’échocardiographie transthoracique, généralement associées à une myocardite, ont été identifiées chez deux patients, et l’IRM cardiaque a montré une myocardite segmentaire chez un patient ; des marqueurs cardiaques élevés et un syndrome inflammatoire biologique ont été observés chez les trois patients.

Les examens différentiels visant à identifier des infections sexuellement transmissibles et d’autres étiologies étaient négatifs.

Les trois patients ont reçu un traitement cardioprotecteur, tandis qu’un patient a également reçu du técovirimat.

La douleur thoracique et les valeurs anormales aux analyses de laboratoire ont disparu dans tous les cas, ce qui a conduit à une issue favorable, et aucune autre exploration coronarienne n’a été effectuée.

Limites

Échantillon de petite taille.

Incapacité à évaluer le risque de progression vers une douleur thoracique associée à une myocardite liée à la mpox.

Pollution sonore et impacts cardiovasculaires

Pollution sonore : un impact non négligeable sur le cœur des hommes

Pascale Solère

16 janvier 2023

 

Paris, France — Que sait-on des impacts de la pollution sonore sur le système cardiovasculaire ? Cette question a été abordée lors de la présentation de la Pre Marianne Zeller (Université de Bourgogne Franche Comté) au cours des dernières Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie (JESC 2023).

On en retiendra que la « pollution sonore impacte le cœur à un niveau significatif même si limité à l’échelle individuelle quand l’impact en population pèse lui un poids loin d’être négligeable en termes de santé publique.

Et elle impacte manifestement surtout les hommes, apparemment plus sensibles à celle-ci. Quand côté pollution aérienne, on n’a pas « d’effet sexe », résume M Zeller.

Ce qui doit nous amener à l’avenir à « intégrer cette notion –pollution(s) et cœur ne font pas bon ménage – dans nos enseignements mais aussi dans l’éducation thérapeutique des patients », commente le Pr Pierre Gibelin (CHU de Nice), modérateur de cette session.

La pollution sonore impacte le cœur à un niveau significatif même si limité à l’échelle individuelle. Pre Marianne Zeller

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Statines chez le sujet âgé : stop ou encore ?

Dr Jean-Pierre Usdin

17 janvier 2023

Paris, France — La prévention des maladies cardiovasculaires chez le sujet âgé a-t-elle ses particularités ? Cette question a fait l’objet d’une session commune avec la Fédération Française de Cardiologie lors des Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie qui se sont déroulées du 11 au 13 janvier 2023.

Intérêt des statines, prévention des facteurs de risque, déprescriptions et marqueurs du risque CV chez les seniors ont fait l’objet de diverses interventions que seront abordées dans une série d’articles sur Medscape.

La première thématique : « Statines chez le sujet âgé stop ou encore ? » a été présentée par le Pr Victor Aboyans (CHU Limoges). En préambule, la question qui se pose est : le cholestérol est-il un toujours un facteur de risque chez les sujets âgés ?

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Antihypertenseurs et risque de démence

Ryan Syrek

20 janvier 2023

L’incidence de l’hypertension artérielle (HTA) et de la démence est en augmentation à travers le monde, en raison notamment du vieillissement des populations. Une nouvelle étude a examiné l’effet de différents types de médicaments contre l’HTA sur le développement de la démence (voir infographie). Ces résultats, ainsi que de nouvelles études sur les facteurs de risque vasculaire de la maladie d’Alzheimer, ont donné lieu au sujet clinique de la semaine.

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Nouveaux anticoagulants : le point sur les inhibiteurs du facteur XI en développement

Vincent Richeux

19 janvier 2023

Paris, France — L’anticoagulant idéal permettant de réduire le risque ischémique sans augmenter le risque hémorragique sera-t-il bientôt à portée de main ? Une session des Journées européennes de la Société française de cardiologie (JESFC 2023) a fait le point sur le développement des inhibiteurs de facteur XI qui pourraient s’avérer utiles dans certaines indications associées à un risque hémorragique élevé.

Par voie orale, en sous cutané ou en intraveineux, plusieurs inhibiteurs de facteur XI sont actuellement testés en prévention du risque thromboembolique. Que ce soit avec l’ARN antisens (FXI-ASO), les anticorps anti-XI (osocimab et abelacimab) ou les peptides anti-XI (milvexian et asundexia), ces nouveaux anticoagulants ont donné des résultats intéressants dans des études de phase 2, notamment sur le risque hémorragique.

Mécanismes de l’hémostase préservés

Malgré l’arrivée des anticoagulants oraux directs (AOD), il existe un besoin de disposer de nouveaux anticoagulants dans certaines indications, a expliqué le Pr Gilles Montalescot (hôpital de la Pitié-Salpêtrière, AP-HP, Paris), lors de sa présentation. Des antithrombotiques plus efficaces et mieux adaptés sont, par exemple, attendus en post-infarctus, chez les patients coronariens, chez les plus âgés avec comorbidités multiples ou encore ceux en réanimation.

Les attentes sont d’autant plus fortes que certaines recherches dans ce domaine se sont avérées décevantes. C’est le cas notamment avec la bivalirudine, un inhibiteur de la thrombine administré en intraveineux, finalement retiré du marché faute de résultats satisfaisants. L’otamixaban, un anti-facteur Xa injectable prometteur a lui aussi été recalé après des résultats négatifs dans le post syndrome coronarien aigu.

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Problème de sécurité avec le cache de la chaine cinématique sur le HeartWare Ventricular Assist System (HVAD) – Medtronic / HeartWare

Novembre 2022

Medtronic vous écrit pour vous avertir d’importantes informations de sécurité relatives au cache de la chaîne cinématique du contrôleur du système HVAD™. Avec le temps, le cache du câble d’entraînement peut s’endurcir, ce qui rend difficile ou impossible de faire glisser le cache vers l’arrière pour accéder au connecteur du câble d’entraînement du contrôleur. L’accès au connecteur du câble d’entraînement peut être retardé, ce qui peut entraîner un danger pour le patient dû à un arrêt prolongé de la pompe, si un problème urgent de connexion du câble d’entraînement ou du contrôleur doit être résolu. Dans le cas où un cache de protection du câble d’entraînement est observé, contactez votre représentant Medtronic sur le terrain pour une évaluation plus approfondie et/ou une réparation.
Voir la note de sécurité complète

Décharge précoce sur les WISE CRT de EBR SYSYEMS

URGENT : AVIS RELATIF À LA SÉCURITÉ
Émetteur modèle 4100 du système WiSE CRT
L’avis de sécurité ci-joint est publié pour vous avertir d’un risque de décharge précoce de la batterie en raison d’un problème avec l’émetteur modèle 4100 du système WiSE CRT. Si tel est le cas, le système continuera à fonctionner normalement et à délivrer une stimulation biventriculaire jusqu’à ce que la batterie soit complètement déchargée.
EBR Systems travaille activement pour identifier le problème, élaborer et évaluer un processus, et concevoir des solutions afin d’y remédier. Par conséquent, nous suspendons les expéditions supplémentaires de cet émetteur pour les nouveaux patients jusqu’à ce que la version améliorée du produit soit disponible.
Voir l’avis de sécurité complet

Insuffisance cardiaque : augmentation significative chez les moins de 50 ans

Stéphanie Lavaud

12 décembre 2022

France — En France, l’insuffisance cardiaque (IC) tend progressivement à toucher une population de plus en plus jeune. Tels sont les résultats d’une étude menée par l’équipe de la Fédération Hospitalo-Universitaire PREVENT-HeartFailure de l’hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP, de l’Inserm et d’Université Paris Cité, coordonnée par le Pr Jean-Sébastien Hulot qui ont publiés le 1er décembre 2022 dans la revue  European Heart Journal .

En augmentation chez les moins de 50 ans

« L’insuffisance cardiaque est considérée comme une pathologie affectant les plus âgés, et la plupart des études se sont focalisées sur cette population. Néanmoins, des études récentes indiquent que le poids de l’IC dans des populations jeunes – de moins de 50 ans – est en augmentation », indiquent les auteurs. Pour évaluer cette tendance et caractériser l’épidémiologie de l’IC des jeunes adultes en France, une équipe de chercheurs s’est appuyée sur les données du Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information (PMSI).

L’équipe de recherche a analysé les données des 1 486 877 patients hospitalisés pour insuffisance cardiaque entre 2013 et 2018 en France. Parmi ces patients, 70 075 avaient moins de 50 ans (4,7%).

Durant cette période, l’incidence de l’insuffisance cardiaque en France a été en légère baisse dans la population globale (de 3,99‰ à 3,65‰) mais a augmenté parmi les 18-50 ans (+0,041‰).

Cette évolution s’explique par une augmentation significative de l’incidence de l’IC chez les jeunes hommes (de 0,51‰ à 0,59‰, P<0,001), alors que l’incidence de l’IC chez les jeunes femmes est restée stable pendant la période d’étude (∼0,28‰). L’incidence a augmenté de façon exponentielle avec l’âge, passant de ∼0,07‰ à 18 ans à 1,31‰ à 50 ans.

L’IC en fonction de l’âge était similaire pour les hommes et les femmes mais est restée plus élevée dans la population masculine jeune par rapport à la population féminine jeune à chaque âge investigué. A 50 ans, l’incidence de l’IC était plus de deux fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes (1,84‰ vs. 0,80‰ respectivement, P<0,001).

Causes sous-jacentes

Les diagnostics de myocardite-cardiomyopathie et de maladie cardiaque ischémique ont été établis chez 23% et 20%, respectivement, des patients âgés de 18 à 50 ans, alors que ces incidences étaient de 11% et 30% chez les patients âgés de 51 à 70 ans.

La proportion de décès à l’hôpital, toutes causes confondues, dans les 2 ans après la première hospitalisation pour IC était élevée, à ∼10% pour les patients âgés de 18 à 50 ans, et elle était similaire entre les patients atteints de pathologie d’origine ischémique et de myocardite-cardiomyopathie.

En conclusion, « l’augmentation de l’incidence de l’IC chez les jeunes adultes (<50 ans) documentée dans notre étude diffère de la tendance générale observée chez les patients plus âgés », indiquent les auteurs. Parmi la population jeune, les hommes semblent être plus vulnérables à l’IC prématurée que les femmes. « Dans la population jeune, et surtout chez les jeunes hommes, l’IC ischémique était la forme prédominante d’IC, et nos données suggèrent qu’elle est en augmentation progressive ». Les jeunes adultes hospitalisés pour une IC prématurée présentaient également des taux élevés de facteurs de risque majeurs et modifiables d’IC ischémique, comme l’obésité, la dyslipidémie, le tabagisme, l’hypertension et le diabète.

Tous ces éléments suggèrent un relâchement de la prévention de ces facteurs de risques. Les enjeux sont d’autant plus importants que ces jeunes patients sont très fréquemment ré-hospitalisés pour insuffisance cardiaque d’origine ischémique (24%), dans les deux ans qui suivent leur première hospitalisation.

« Bien que la cause de l’augmentation de l’incidence de l’IC dans la population jeune ne soit pas entièrement connue, elle pourrait refléter de véritables changements épidémiologiques liés à une prévalence accrue de facteurs de risque cardio-métaboliques chez les jeunes. Cette étude souligne la nécessité d’un parcours de soins spécifique pour les patients de moins de 50 ans atteints d’IC », concluent les auteurs.